Récupérer l'eau de pluie pour arroser son jardin et préserver nos ressources :
- une bonne solution proposée dans le projet d'assainissement de Croissy.


Sommaire

Préambule.
Pourquoi la solution de récupération des eaux de pluie "à la parcelle"?
Solutions alternatives.

Etude d'un stockage permettant une utilisation domestique des eaux pluviales.

. Données
. Types d'installations

Utilisations domestiques possibles :

1 - Pour jardin + auto + nettoyage surfaces
2 - Pour jardin + auto + nettoyage surfaces + wc
3 - Pour tous usages

Crédit d'impôt
Conclusion

Préambule

La récupération des eaux de pluie "à la parcelle" peut répondre à deux besoins différents :

- Réduction (voir suppression) des rejets vers le réseau communal, notamment dans le cas d'un réseaux sous-dimensionné.
- Stockage pour utilisation par les particuliers (usages domestiques)

Le projet d'assainissement du quartier Sud de Croissy (voir plan), envisage cette solution comme moyen de réduction des rejets dans le réseau. Et en même temps, il sera proposé aux particuliers concernés de profiter des travaux pour se constituer, selon des modalités financières en cours de définition, un stockage permettant une utilisation domestique (arrosage, WC, lave linge …) des eaux pluviales venant des toitures.

Pourquoi la solution de récupération des eaux de pluie "à la parcelle" ?

Le volume des eaux usées (EU) plus eaux pluviales (EP) directement rejeté en Seine aujourd'hui dans le quartier Sud de Croissy (voir plan), pourrait sans travaux importants être envoyé dans le collecteur intercommunal qui passe Quai de l'Ecluse. Mais ce collecteur et la station d'épuration d'Achères sont déjà saturés. Lors de précipitations importantes, des déversoirs d'orage (7 au niveau de Croissy), rejettent alors en Seine un mélange EU + EP excédentaire. Cette situation serait aggravée si on ne cherchait pas à limiter au maximum le débit des eaux pluviales évacuées par le collecteur intercommunal.

Solutions alternatives.

Il est évident que la plus simple des solutions pour limiter les rejets consiste, pour chacun d'entre nous, à limiter notre consommation. Ce sujet sort du cadre de notre étude et il existe de nombreux sites qui font le point sur les mesures d'économies. Citons en particulier : http://www.ecologie.gouv.fr/Gestes-quotidiens-pour-economiser.html

En ce qui concerne le projet qui nous intéresse, une autre solution consisterait à mettre en place dans toutes les rues concernées des canalisations séparatives recueillant les EU d'une part pour les envoyer dans le collecteur intercommunal et les EP d'autre part pour les envoyer à la Seine. Le coût de ces travaux (env. 800 m de tranchée) est sans commune mesure avec celui de la solution retenue.
Il faut d'ailleurs noter que l'envoi des EP à la Seine ne peut-être considéré que comme un pis-aller, compte tenu des risques de pollutions éventuelles.

Pour que la solution de récupération "à la parcelle", qui implique des travaux chez les particuliers, soit applicable, il faut que les propriétaires concernés adhérent au projet.
Le souci pour chacun de contribuer à limiter le coût des travaux engagés par la Commune est une des raisons qui doit être avancée.
La possibilité de profiter de ces travaux pour réaliser une installation de stockage des eaux de pluie permettant une utilisation complémentaire domestique (arrosage, lavage,..) peut être est un élément déterminant. Dans l'état actuel des choses, le supplément de coût supporté par les propriétaires pour avoir une cuve de capacité suffisante et une installation permettant cette utilisation n'est pas encore évalué.

On peut donc considérer que la solution du retour au milieu naturel " à la parcelle " des eaux pluviales pour le quartier concerné de Croissy concilie deux des critères du développement durable : respect de l'environnement, coût économique. Il importe donc que la participation des personnes concernées soit activement recherchée et que leurs réactions soient réellement prises en compte. Leur adhésion est indispensable à la réussite du projet.

Etude d'un stockage permettant une utilisation domestique des eaux pluviales

La courte étude qui suit porte uniquement sur les travaux envisagés chez les particuliers et sur l'intérêt pour eux d'une extension du stockage permettrant une utilisation domestique de l'eau récupérée.
Les réponses aux questions techniques concernant les travaux envisagés sur le domaine public peuvent être trouvées soit à la Mairie, soit sur son site.

- Données

Hydrométrie Yvelines :
. moyenne 1971 -> 2000 : 55 mm/mois -> 660 mm/an
. écart sur les 12 mois de l'année : +/- 5 mm)
. record sur 24 h. (juin 76) : 79 mm

Volumes annuel eaux de pluie à traiter (Evaporation 20%) :
. toitures 130 m² : 0,66 x 0,8 x 130 = 68 m³

Prix moyen TTC de l'eau à Croissy (3€ le m³)

Consommations moyennes annuelle d'une famille 4 personnes pavillon, jardin 600 m²
. Jardin (sur 5 mois) + auto + divers : 40 m³
. Jardin (sur 5 mois) + auto + nettoyage surfaces + wc : 80 m³

- Types d'installations

Installation de régulation et réduction des rejets.
C'est l'installation minimale qui est actuellement prévue dans le projet. Les eaux pluviales, recueillies dans une cuve enterrée de 2 m³, sont évacuées en point bas, vers un drain de 30 m² environ situé sur le terrain. Un trop plein renvoie, en cas de forte pluie, les excédents vers le collecteur communal. Des filtres permettent d'éliminer les particules venant du toit.
La cuve assure un stockage temporaire (fonction tampon). Le drain permet le retour de l'eau au milieu naturel. Le propriétaire ne peut donc pas conserver l'eau.
Le coût de ces travaux est entièrement pris en charge par la commune.

Installation de stockage pour une utilisation domestique
Le dispositif décrit ci-dessus est complété par un volume placé sous le niveau de départ du drain (voir schéma). Ce volume est disponible pour une utilisation complémentaire domestique.
Cette installation comprend en outre :
- une pompe.
- éventuellement une alimentation de la cuve en eau de ville pour appoint en cas où celle-ci serait vide.
- Les canalisations d'alimentation des points d'utilisation.

Le surcoût total.(Cuve de capacité plus importante, pompe, plomberie, raccordement électrique, automatisation de la pompe, etc..), par rapport à l'installation de régulation décrite précédemment, devrait être pour une installation complète de l'ordre de 2000 à 3000 €. (voir ci-après paragraphe sur crédit d'impôt)

- Utilisations domestiques possibles

1 - Pour jardin + auto + nettoyage surfaces (Total 40 m³/an)

Cuve de stockage de 3 à 4 m³ (en plus des 2 m³prévus pour la régulation).

Avantages : Récupération d'environ 40 m³/an par parcelle soit un gain annuel d'environ 120 €.
Remarque : La récupération des 68 m³ annuels (total des eaux de toiture) supposerait pour accumuler l'eau des mois sans arrosage une cuve de30 à 40 m³; solution non envisageable.
Augmentation du volume disponible pour réguler les rejets ( Sur l'ensemble des cuves installées dans le secteur, en cas de pluies abondantes, un certain nombre seront vides ou partiellement vides)

Inconvénients : Disproportion entre le coût de l'installation (env. 2000 à 3000€) et le gain escompté (120 €/an).
Remarque : Il est à noter que dans le cas d'une utilisation pour arrosage uniquement, ce montant peut-être sensiblement réduit (pompe non automatisée, prise d'eau unique prés de la cuve)
Complément d'eau réseau (environ 10 m³) en période d'arrosage (sauf cuve 10 à 20 m³)
Pas ou peu de récupération hors des périodes d'arrosage.
Précautions pour éviter une utilisation alimentaire accidentelle (par la enfants par exemple).

2 - Pour jardin + auto + nettoyage surfaces + wc : (Total 80 m³/an)

Cuve de stockage de 5 à 6 m³(en plus des 2 m³prévus pour la régulation).

Avantages : Récupération de la quasi totalité des eaux de toiture (sauf pertes par trop-plein) soit un gain annuel par parcelle d'environ 240 €.
Augmentation du volume disponible pour réguler les rejets ( Sur l'ensemble des cuves installées dans le secteur, en cas de pluies abondantes, un certain nombre seront vides ou partiellement vides)

Inconvénients : Travaux de plomberie intérieurs pour alimenter les wc.
Disproportion entre le coût de l'installation (env. 3000 à 4000 €) et le gain escompté (240 €/an)
Consommation d'électricité.
Complément d'eau réseau (environ 20 m³) en période d'arrosage
Filtration fine pour l'alimentation par canalisation.
Précautions pour éviter une utilisation alimentaire accidentelle (par les enfants par exemple). A noter que le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique est défavorable (sans l'interdire) à l'installation d'un double réseau à l'intérieur des bâtiments. Voir :. http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/eau/eau_pluie/aviscshpf_050906.pdf
Il est probable que cette réglementation, qui est actuellement l'une des plus contraignante d'Europe sera assouplie dans lun futur proche.

3 - Pour tous usages:

La quantité d'eau récupérable (68 m³ / parcelle / par an) couvre à peine les besoins envisagés au point 2 ci-dessus, elle est à fortiori insuffisante pour d'autres usages. La consommation moyenne annuelle totale tous usages d'une famille de 4 personnes est de l'ordre de 150 m³ / an
Par ailleurs, un arrété du 29 août 2008 précise les usages qui sont autorisés.
Extrait de ce texte : I. -L'eau de pluie collectée à l'aval de toitures inaccessibles peut être utilisée pour des usages domestiques extérieurs au bâtiment. L'arrosage des espaces verts accessibles au public est effectué en dehors des périodes de fréquentation du public.
II. - A l'intérieur d'un bâtiment, l'eau de pluie collectée à l'aval de toitures inaccessibles, autres qu'en amiante-ciment ou en plomb, peut être utilisée uniquement pour l'évacuation des excrétas et le lavage des sols.
III. - L'utilisation d'eau de pluie collectée à l'aval de toitures inaccessibles est autorisée, à titre expérimental, pour le lavage du linge, sous réserve de mise en œuvre de dispositifs de traitement de l'eau adaptés et :
- que la personne qui met sur le marché le dispositif de traitement de l'eau déclare auprès du ministère en charge de la santé les types de dispositifs adaptés qu'il compte installer ;
- que l'installateur conserve la liste des installations concernées par l'expérimentation, tenue à disposition du ministère en charge de la santé.

- Crédit d'impôt

Les conditions d'obtention d'un crédit d'impôt pour les installations de récupération des eaux pluviales sont très restrictives.
Le BO des impôts de 3 août 2007 accessible à partir du lien http://doc.impots.gouv.fr/aida/Apw.fcgi?FILE=Index.html précise ces conditions.

Extraits : Par ailleurs, sont également exclues les cuves de rétention présentant une double fonction, c'est-à-dire qui assurent à la fois la rétention avec débit différé ainsi que la récupération des eaux pluviales pour leur utilisation.
Sont exclus du bénéfice du crédit d'impôt les dispositifs de pompage et d'alimentation électriques ainsi que les dispositifs situés à l'aval
du robinet de soutirage (tuyaux d'arrosage...).

- Conclusion

La solution 2 nous semble acceptable dans l'état actuel de la réglementation sanitaire et de la technique. Le bilan économique n'est pas favorable à court terme, mais l'évolution rapide du prix de l'eau distribuée, pourrait dans un proche avenir, rendre cette solution plus attractive.
Il serait dommage de ne pas saisir l'opportunité que représente les travaux envisagés par la commune et leur prise en charge, pour mettre en place une cuve de capacité suffisante pour couvrir dés à présent ou dans le futur, les utilisations domestiques. Le supplément de coût pour uniquement l'augmentation de capacité de la cuve et des travaux d'excavation correspondants n'est pas connu à ce jour, mais il devrait être modeste. Les autres dépenses, nécessaires pour amener l'eau aux points d'utilisation (pompe, plomberie, alimentation électrique) pourraient être différées dans le temps.

Nous sommes favorables à cette solution.