Cérémonie du 12 mars 2016 en souvenir de l'assassinat de Philippe Brocard.

Intervention de Jacqueline PENEZ - Ex Conseillère régionale.

Nous sommes ici, aujourd'hui à Croissy pour nous souvenir de notre ami Philippe. Nous voulons encore une fois réaffirmer notre sympathie à sa famille et à ses amis. Nous venons redire notre solidarité avec tous les militants de la démocratie, de la justice et de la tolérance.

Je tiens particulièrement à saluer la présence de madame Brocard, la maman de Philippe, nous apprécions son courage et nous savons la capacité de mobilisation tout au long des années.
Je veux aussi, en notre nom à tous, réaffirmer notre solidarité avec notre ami Jean Jacques Gaucher qui a été le malheureux témoin de l'événement tragique du 7 mars 1986 et qui bien sûr ne pourra jamais oublier ce traumatisme.

Le temps a passé … trente ans déjà … Nous qui sommes de la même génération que Philippe, nous avons dû sans lui continuer notre route, construire des vies plus ou moins bien remplies, plus ou moins heureuses … mais nous avons eu à cœur de poursuivre nos engagements militants en politique comme dans la vie sociale.
Nous n'avons jamais cessé, comme nous sommes sûrs que Philippe l'aurait fait, de nous battre contre la bêtise, contre la haine et contre l'intolérance.
Sur cette plaque il est rappelé que Philippe a été " victime de la haine et de l'intolérance ". Ces mots résonnent toujours aussi fort et encore plus aujourd'hui alors que nous voyons autour de nous monter des idéologies nauséabondes et se développer propagande et embrigadements au nom de principes mortifères.
Dans le monde, aux portes de l'Europe, chez nos voisins européens mais aussi ici, chez nous, nous assistons quasi impuissants à la multiplication d'actes barbares, au développement du rejet de l'autre, à la généralisation d'un racisme rampant.
D'aucuns professent que toutes les opinions, toutes les croyances, toutes les convictions sont respectables. Pourtant, quand les idéologies conduisent à l'irréparable, quand elles nous enlèvent nos amis et nos proches, je suis convaincue que nous avons le droit de ne pas les tolérer et que nous avons le devoir de les combattre.
Nous avons trente ans de plus qu'en 1986, mais notre détermination est intacte, nos forces sont mobilisables et nous avons à cœur, tous ensemble, rassemblés par notre amour de la démocratie, soutenus par le souvenir du sacrifice de Philippe, de poursuivre encore et toujours notre lutte contre la bêtise et l'ignorance et contre la haine qu'elles engendrent.

Je vous remercie encore une fois pour votre présence et je sais pouvoir compter sur le soutien de tous et de chacun pour que nous tentions encore et encore de construire un monde un peu meilleur et pour avancer vers une société plus fraternelle et plus apaisée.