Texte paru dans la tribune libre de "Côté Croissy" N° 37 de Mars / Avril 2009.

Dépenses de Sécurité et Action Sociale

Depuis que Croissy Autrement participe, dans l'opposition, aux travaux de la municipalité, nous faisons tout pour qu'ici, dans notre commune privilégiée, la solidarité ne soit pas un vain mot. Notre position se trouve renforcée par cette crise dont nous mesurons encore mal, à ce jour, les conséquences économiques, sociales, politiques et écologiques, mais qui se traduit déjà par des dizaines de milliers de chômeurs en France.

Force est de constater qu'à l'occasion du Conseil Municipal, le 5 février dernier, la situation économique de notre pays ne pèse quasiment rien dans les Orientations Budgétaires 2009 établies par la majorité municipale. La vie continue comme avant et notre municipalité a toujours la même vision sociale étriquée. C'est ainsi que le CCAS (Centre Communal d'Action Sociale) dispose de moins de 100 000€ (soit moins de 10 € par Croissillon) destinés à des personnes occasionnellement ou durablement dans le besoin. De plus, ce budget n'est que partiellement utilisé chaque année. A quand la véritable redistribution grâce à un Quotient Familial Municipal ? Année après année, budget après budget, nous le demandons, nous le réclamons… en vain !
Et pendant ce temps, on nous annonce que la vidéosurveillance va devenir le quotidien de Croissy. Il est vrai que c'est une promesse de campagne de l'équipe en place : " Sous la conduite d'une commission de tranquillité publique, que je souhaite créer, garante des libertés fondamentales du citoyen, j'envisage d'installer un dispositif de vidéosurveillance à des endroits stratégiques (…) pour lutter contre le sentiment d'insécurité "(1).
Quelle insécurité à Croissy ? Quelles sont les statistiques sur les délits sur voie publique ? Pourquoi parler de sentiment d'insécurité ? Pourquoi créer une commission, alors que la solution est connue à l'avance ? Quand cette commission s'est-elle réunie ? Qui en fait partie ? Et quelles sont ces libertés fondamentales dont cette commission de tranquillité publique est censée être garante ?
Que d'interrogations sur un sujet déjà engagé budgétairement (la sécurité représente 6% des dépenses de fonctionnement, comprenant les dépenses liées à lutte contre l'incendie) alors que l'action sociale reste, avec 2% des dépenses de fonctionnement (2), le parent pauvre permanent !

Nous nous opposons à l'implantation de la vidéosurveillance à Croissy en cette période de crise car les moyens dépensés à cet objectif sont totalement déplacés et politiquement marqués. En les consacrant à des finalités sociales, Croissy aurait pu prendre, à son échelle, des mesures autrement efficaces pour contribuer à atténuer les effets de la crise.
(1) Source : programme UMP - Nouveau Centre 2008/2014
(2) Source : Débat d'orientation budgétaire 2009 - Conseil Municipal du 5-02-2009

Dominique Boisdé, Annie-Claude Motron & Bernard Monnier
Élus de Croissy Autrement