Texte paru dans la tribune libre de "Côté Croissy" N° 45 de Juillet / Août 2010

 

Vidéosurveillance : une fausse bonne idée !


La sécurité des biens et des personnes est un droit mais aussi, évidemment, un besoin fondamental. C'est également un sujet difficile, souvent l'objet de réactions émotionnelles, et qui demande de faire la part entre sentiment et réalité.
Faire appel à la vidéosurveillance peut s'envisager à la condition d'évaluer au préalable son adaptation à la situation et son efficacité par rapport aux objectifs que l'on se donne.
Quel est donc l'objectif de la vidéosurveillance projetée pour Croissy ?

Ne nions pas la progression des plaintes auprès de la police, et les atteintes aux biens, notamment aux voitures, sont autant d'intrusions qui touchent les personnes concernées. Mais la vidéosurveillance est-elle la bonne réponse pour prévenir ce phénomène qui relève plus du comportement social et éducatif que de la criminalité avérée ? Pas plus d'ailleurs, pour prévenir les cambriolages.

Depuis le début de la mandature en cours, Monsieur le Maire ne veut plus parler de "sécurité" en Conseil Municipal mais d'"incivilités". Sans doute faut-il y inclure d'autres faits qui troublent la tranquillité de la commune : rassemblements bruyants, stationnement sans gêne, chiens indélicats … Dans cet objectif, la vidéosurveillance devient disproportionnée. D'autant plus qu'elle est coûteuse : de l'ordre de 500 000 euros d'investissement et 5 % d'entretien annuel. Notons en plus qu'il n'y aura pas de visionnage continu des images mais une simple recherche après coup suite à un événement signalé. De ce fait, la vidéosurveillance ne saurait être préventive.

Y a-t-il une alternative ? La nature même des faits et l'objectif de lutter contre l'incivilité nous la suggèrent. Il faut accroître la présence de personnes ayant légitimité et autorité à intervenir. Dans la sphère privée, il s'agit des parents et, dans le domaine public, nous pensons plus particulièrement à la Police Municipale dont la mission de prévention et les moyens correspondants (effectifs, formation) pourraient être renforcés, et pourquoi pas avec la médiation en amont " d'éducateurs de rue ".

Vivre ensemble est l'affaire de tous.


Dominique Boisdé, Annie-Claude Motron & Bernard Monnier
Élus de Croissy Autrement
… et vous pouvez nous retrouver en allant sur notre site : www.croissy-autrement.org ou nous présentons un dossier sur la vidéosurveillance.