Texte paru dans la tribune libre de "Côté Croissy"
N° 83 de Mai / Juin 2017

Quelle est cette politique socio culturelle qui se veut " rentable " ?

 

La configuration actuelle du Pôle Chanorier a été imaginée en accord avec la communauté de communes dont Croissy faisait partie (CCBS) avant de se fondre dans la nouvelle intercommunalité. Pour ce faire, le projet de " construction et de réhabilitation du pôle Chanorier à Croissy-sur-Seine " a été considéré d'intérêt communautaire. Au regard de ce caractère communautaire, une subvention d'un million d'euros a été attribuée par le Conseil Régional d'Île de France.

Même si les compétences " culture " et " social " ne sont pas du ressort de l'agglomération, nous pouvions espérer qu'un tel équipement assure la promotion d'une politique sociale et culturelle.

De fait, la bibliothèque et l'école municipale de musique sont installées dans les nouveaux locaux et le château réaménagé accueille des expositions temporaires. Pour le côté social, l'association TACC (Tout Autre Chose Chanorier) s'ouvre aux Croissillons au travers de sa table d'hôte située dans la verrière du château. Diverses salles de réunions accueillent les associations croissillonnes. L'ensemble fonctionne plutôt bien et répond à l'intérêt général.

Récemment, la municipalité a repris, seule, la gestion du pôle Chanorier, sans doute pour en " rentabiliser " l'usage. Adieu donc la vocation socio-culturelle communautaire !

Simultanément, la table d'hôte à vocation sociale cesse son activité ; les bénévoles et les trois salariés qui ont contribué à son succès ont été remerciés sans ménagement. Un restaurant " digne de ce nom " remplacera la table d'hôte.

Pourquoi ce chamboulement ? Pourquoi ce recentrage commercial, alors que notre avenir passera un jour ou l'autre par l'intercommunalité ? Quid de cette partie de la poitique culturelle ? Quid de cette partie de la politique sociale ?

Pendant ce temps, la municipalité n'hésite pas à prendre des mesures sécuritaires renforcées et coûteuses (multiplication des caméras inutiles, armement des policiers municipaux) ou à annuler un permis de construire et à se désengager du projet de réalisation d'une résidence accueil pour personnes handicapées, pour laquelle tous les accords étaient conclus y compris de la part de l'état, installant une forme de protectionnisme et renforçant ainsi un sentiment de peur de l'autre trop facilement encouragé.

Nous regrettons qu'avec toutes ces décisions, le vivre ensemble et plus encore le faire-ensemble dans le respect de la différence perdent régulièrement du terrain dans notre commune.

Dominique Boisdé, Annie Claude Motron & Bertrand Mansard Élus de Croissy Autrement, et Catherine Coicadan, Présidente de l'association Croissy Autrement