Texte paru dans la tribune libre de "Côté Croissy"
N° 84 de Juillet / Août / Septembre 2017

Notre patrimoine réduit à des briques.

 

" Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage ". Ce proverbe peut s'appliquer aux raisons invoquées pour justifier le changement de fonctionnement du pôle Chanorier dès la rentrée de septembre. Nous avons déjà regretté dans cette tribune que le Conseil communautaire, suivi par la majorité du Conseil municipal de Croissy, ait voté le retour de ces équipements dans le giron de la commune. On remarquera ou passage que le conseil régional d'lle-de-France ne réclame pas le remboursement de la subvention d'un million d'euros qu'il avait accordée à Croissy pour les travaux de construction du pôle, précisément parce que l'équipement avait un intérêt communautaire. Depuis sa création, cet ensemble s'était intégré à la vie croissillonne en particulier grâce à I'association TACC - Tout Autre Chose Chanorier - qui donnait une réelle dynamique sociale en animant la table d'hôte de la Verrière. Nous souhaitons rendre hommage à son équipe dirigeante, à ses bénévoles et à ses salariés qui ont beaucoup donné pour que le concept TACC fonctionne. Il existait alors un équilibre hybride entre social et commercial, que nous avions en son temps encouragé. Mais, avec la disparition de TACC, cet équilibre cesse pour laisser la part belle à des activités purement commerciales. En effet, la table d'hôtes sera remplacée en septembre 2017 par un restaurant, ouvert du mardi ou dimanche de 10h à 23h. Le nouveau prestataire sera lié à la commune par une convention d'occupation privative de " La Verrière ", qui fait pourtant partie du domaine public communal et contribue largement au charme du lieu...
De plus, la Commune va confier l'animation de l'ancienne église Saint-Léonard et du château à une société privée pour qu'elle y installe ses bureaux. Cette entreprise aura pour mission, à l'aide de petites briques en plastiques (sa " spécialité "), d'une part de présenter une exposition permanente à la fois historique, iconographique et symbolique et, d'autre part, elle devra organiser quatre expositions temporaires par an, occupant ainsi les salles de réunions du premier étage, qui cesseront de fait d'être disponibles aux associations croissillonnes. Et bien évidemment, l'accès à toutes ces manifestations sera payant !
Nous déplorons amèrement ces nouvelles orientations, beaucoup trop commerciales à nos yeux, qui vont priver les croissillons de la jouissance naturelle de leur patrimoine communal.

Dominique Boisdé, Annie Claude Motron & Bertrand Mansard Élus de Croissy Autrement, et Catherine Coicadan, Présidente de l'association Croissy Autrement